Le bonheur est une quête universelle. Mais qu'est-ce que le bonheur ? Est-il accessible ? Depend-il de nous ou du hasard ? Ce chapitre explore les grandes conceptions philosophiques du bonheur, de l'Antiquité à l'époque moderne.
1Qu'est-ce que le bonheur ?
Le bonheur est un état durable de satisfaction et de plénitude. Il se distingue du plaisir, qui est ponctuel et lié à un stimulus. Le bonheur implique une évaluation globale de sa vie.
En philosophie, on distingue souvent :
- Le bonheur subjectif : sentiment de bien-être personnel.
- Le bonheur objectif : accomplissement de son potentiel humain (eudémonisme).
La question centrale est : le bonheur est-il le but de la vie ?
Étymologie
Le mot « bonheur » vient du latin « bonum augurium » : bonne augure, chance.
2Le bonheur dans l'Antiquité : sagesse et vertu
Pour les philosophes antiques, le bonheur est lié à la vertu et à la raison.
- Aristote : le bonheur (eudaimonia) est l'activité de l'âme conforme à la vertu. Il nécessite des biens extérieurs (santé, amis) mais dépend surtout de notre caractère.
- Épicure : le bonheur est l'absence de trouble (ataraxie) et la satisfaction des plaisirs naturels et nécessaires. Il prône une vie simple.
- Stoïciens : le bonheur est la sagesse, c'est-à-dire vivre en accord avec la nature et accepter ce qui ne dépend pas de nous.
Ces conceptions sont eudémonistes : le bonheur est le souverain bien.
À retenir
Pour les Anciens, le bonheur est une activité, pas un état passif.
3Le bonheur à l'époque moderne : morale et liberté
À partir du XVIIe siècle, la question du bonheur se déplace vers la morale et la liberté.
- Kant : le bonheur n'est pas le but de la morale. La morale vise le devoir, non le bonheur. Mais la raison pratique nous commande de chercher le bonheur de manière conditionnelle.
- John Stuart Mill : le bonheur est le principe de l'utilitarisme. Il faut maximiser le bonheur du plus grand nombre.
- Blaise Pascal : l'homme cherche le bonheur mais ne le trouve qu'en Dieu. Le divertissement est une fuite.
Le bonheur devient un droit (Déclaration d'indépendance américaine) mais aussi un problème : peut-on être heureux dans une société injuste ?
Attention
Ne pas confondre bonheur et plaisir : le plaisir est court, le bonheur durable.
4Bonheur et société : une question politique
Le bonheur individuel est-il compatible avec la vie en société ?
- Rousseau : la société corrompt l'homme naturellement bon. Le bonheur est dans l'authenticité perdue.
- Marx : le bonheur est aliéné par le capitalisme. L'émancipation passe par la révolution.
- Les penseurs contemporains : le bonheur est aussi une question de justice sociale, de santé, d'éducation.
Le bonheur n'est pas seulement privé : il dépend des conditions sociales.
Le paradoxe d'Easterlin
Au-delà d'un certain seuil, l'augmentation des richesses n'augmente pas le bonheur moyen.
L'essentiel à retenir
- Le bonheur est un état durable de satisfaction, distinct du plaisir.
- Pour les Anciens (Aristote, Épicure, Stoïciens), le bonheur est lié à la vertu et à la raison.
- Pour les Modernes (Kant, Mill), le bonheur est soit subordonné à la morale, soit un principe politique.
- Le bonheur a une dimension sociale et politique : il dépend des conditions de vie.
- Les conceptions du bonheur varient selon les époques et les philosophies.
